Lancement réussi de l’antenne de Strasbourg !

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Pour son apéro de lancement, l'antenne de Strasbourg a reçu Christelle Delplanque, chargée des relations institutionnelles à SNCF Gares & Connexions Grand Est.

Gaëlle Picut
28 septembre 2026 ⏱ 3 min de lecture

Lancement réussi pour la nouvelle antenne strasbourgeoise !

Le mardi 22 septembre 2026, Fabienne Keller, ancienne maire de Strasbourg et députée européenne, a lancé, avec succès l'antenne strasbourgeoise de Femmes en Mouvement. Elle a accueilli à cette occasion Christelle Delplanque, chargée des relations institutionnelles à SNCF Gares & Connexions Grand Est, venue partager son parcours. Un grand merci à toutes les participantes !

Le parcours de Christelle Delplanque

“Lorsque j’ai réfléchi à la manière de vous présenter mon parcours, je me suis demandé quel pouvait en être le fil conducteur.

La réponse la plus honnête est peut-être celle-ci : je suis entrée à la SNCF presque par hasard… et j’y ai ensuite construit un parcours que je n’aurais certainement pas pu imaginer au départ.

Je suis physicienne de formation. Enfant, je lisais Tanguy et Laverdure avec mon père et je rêvais de devenir pilote de chasse : j'étais très loin des mobilités douces. Rien ne me destinait à la relation client, au commercial, à la grande vitesse, à la communication ou aux relations institutionnelles. J'ai pourtant exercé tous ces métiers.

Mon parcours n'a pas été une ligne droite. Il s'est construit au fil des rencontres, des opportunités, de la curiosité, et grâce à des personnes qui ont vu en moi un potentiel que je ne mettais peut-être pas assez en avant. C'est l'un des premiers messages que je voudrais partager : une carrière ne se construit pas toujours comme un plan de transport parfaitement cadencé. Il y a des changements de voie, des correspondances inattendues et parfois quelques retards, mais ces détours peuvent devenir une véritable richesse.

D'un emploi saisonnier aux relations institutionnelles

J'ai commencé à la SNCF comme saisonnière : je vendais des billets en gare de Lille Europe et je répondais au téléphone, à l'époque du Minitel. Une première étape a été déterminante : j'ai pu intégrer la SNCF parce qu'un homme a cru en mon potentiel, puis j'ai franchi les étapes du recrutement.

Je suis ensuite devenue manager d'équipe au centre d'appel Eurostar de Douai. J'y ai découvert le management, la relation client et la nécessité de prendre chaque jour des décisions très concrètes et rapides. J'ai participé à la mise en place des 35 heures, et c'était aussi ma première expérience internationale.

J'ai ensuite rejoint la direction nationale de la SNCF, à Paris, pour animer les centres d'appel, en pleine explosion des ventes en ligne et de l'envoi du billet à domicile. J'ai contribué à faire évoluer les outils de vente pour les gares et les centres d'appel : adieu SOCRATE, place à un outil plus ergonomique et plus pratique.

Deuxième étape déterminante : je suis devenue cadre parce qu'un homme a cru en mon potentiel. Il ne s'est pas arrêté au poste que j'occupais ni à ce que j'avais déjà démontré : il a considéré ce que je pouvais encore apprendre, apporter et devenir. J'ai ainsi pu retourner sur les bancs de l'école, à l'ICN à Nancy : dix-huit mois hors de l'entreprise, dont un stage de six mois au Crédit du Nord consacré à l'implantation de nouvelles agences bancaires.

De 2004 à 2008, chez Thalys à Bruxelles, j'ai été responsable de l'animation des ventes en France et sur les marchés hors Europe, avec pour objectif de développer les ventes aux Pays-Bas et en Asie en priorité. C'était une seconde approche de l'international : j'ai appris à aborder chaque marché selon ses caractéristiques culturelles. En Asie, par exemple, il faut éviter le blanc dans les campagnes de communication ; au Japon, le digital avait pris une grande importance ; ailleurs, le point d'entrée passe par les tour-opérateurs et les agences locales. Ce poste a aussi compté sur le plan personnel : j'y ai travaillé avec une alternante chinoise, de façon ciblée, sur différents marchés. Cela a permis à Thalys de faire exploser ses ventes, et elle a fini par être embauchée.

Après une pause pour la naissance de mon enfant, et avant d'arriver en Alsace, j'ai connu une autre expérience, dans la distribution. J'y ai accompagné le déploiement des billets dématérialisés auprès des agences de voyages. Acheter un billet électronique nous paraît aujourd'hui naturel, mais à l'époque, il fallait convaincre, expliquer et accompagner un véritable changement d'habitudes.

Une autre rencontre a ensuite changé le cours de mon parcours : je suis arrivée en Alsace grâce à un homme qui connaissait mon expérience et mes compétences et qui a pensé à moi pour une nouvelle responsabilité. Là encore, quelqu'un a fait le lien entre ce que j'avais accompli et ce que je pouvais apporter dans un nouvel environnement. De 2009 à 2014, depuis Strasbourg, j'ai dirigé les ventes auprès de 150 agences agréées et de 200 entreprises du Grand Est. C'est une femme qui est venue me chercher pour ma connaissance du marché agences de voyages–entreprises et pour mon expérience internationale. Mon poste ne se limitait pas à la communication : il comprenait aussi le déploiement des ventes auprès de la cible business pour le transporteur ALLEO.

En 2014, j'ai pris la direction de la communication de la LGV Est européenne. J'ai notamment participé à l'inauguration de la seconde phase de la ligne, à la célébration de ses dix ans, au lancement de TGV INOUI et à la mise en valeur de nouvelles liaisons européennes. À cette période, un collègue proche de la retraite m'a proposé de reprendre l'animation du réseau des conducteurs TGV et de leurs managers. C'était un univers encore très masculin, très marqué par la culture technique et opérationnelle : il fallait en comprendre les codes, tout en apportant ma propre manière de travailler et en les sensibilisant à la culture client.

En 2019, j'ai rejoint SNCF Gares & Connexions dans le Grand Est, d'abord comme directrice de la communication et des affaires publiques. Depuis 2024, je suis directrice des relations institutionnelles à la Direction régionale des Gares Grand Est. Je entretiens les relations avec les collectivités, les élus et les acteurs du territoire, je contribue au développement de la culture en gare, je participe à l'équipe chargée des grands travaux de la gare de Strasbourg et j'assure la communication de cette gare européenne, avec un travail engagé pour la rendre européenne.

La gare de Strasbourg accueille plus de 29 millions de voyageurs et de visiteurs par an. C'est un espace de transport, mais aussi une entrée de ville, un lieu de rencontres, un morceau de patrimoine et un reflet de notre société.

Je fais également partie du comité de pilotage, auprès de la Région Grand Est, de la lutte contre le harcèlement des femmes dans les gares et les transports. Il se traduit par des campagnes de communication, des aménagements dans nos gares, des marches exploratoires et des expositions dans les passages souterrains, pour améliorer le sentiment de sûreté.

J'ai aussi rencontré une chercheuse et historienne du patrimoine ferroviaire, et nous ne nous quittons plus depuis six ans. J'ai découvert l'histoire des gares et leur patrimoine, ce qui a donné naissance aux livrets gare que je continue de réaliser. C'est ce qui me passionne : les gares se trouvent au croisement de la mobilité, de l'urbanisme, de l'histoire, de la culture et de la vie quotidienne.

J'accorde enfin une grande importance à l'accueil des alternants et à la transmission des savoirs. Accueillir un jeune, ce n'est pas seulement lui confier des missions : c'est lui donner des repères, partager une expérience, l'aider à comprendre les codes de l'entreprise et à prendre progressivement confiance en ses capacités. Les voir grandir, gagner en autonomie et affirmer leurs idées est une vraie source de satisfaction. C'est aussi une responsabilité collective : préparer les générations qui nous succéderont, leur transmettre notre expertise tout en restant ouverts à leur regard neuf, à leurs questions et à leurs nouvelles façons de faire.

Être une femme dans le secteur des mobilités

En préparant cette intervention, je me suis demandé s'il existait une manière spécifiquement féminine de vivre une carrière dans les mobilités. Je ne crois pas à une réponse unique : toutes les femmes n'ont pas le même parcours, les mêmes contraintes, les mêmes ambitions ni les mêmes expériences. Certains défis reviennent pourtant régulièrement. J'en retiens quatre dans mon propre parcours : la légitimité, les environnements masculins, les stéréotypes et l'équilibre de vie.

Trois messages clés

Première idée : osez les parcours non linéaires. Les détours, les mobilités géographiques, les expériences internationales et les changements de métier ne sont pas des ruptures ; ils peuvent devenir de véritables forces.

Deuxième idée : cultivez la connaissance des autres. Connaître un territoire, son histoire, ses usages, sa culture, comme connaître les pays et les partenaires avec lesquels nous travaillons, permet de mieux coopérer, de mieux décider et de mieux servir.

Troisième idée : faisons de la mixité une réalité vécue. Non pas une intention affichée, mais une culture quotidienne d'équité, de transparence, de reconnaissance et de coopération.

Les mobilités rapprochent les personnes, les territoires et les pays. À nous de faire en sorte qu'elles rapprochent aussi les parcours, les talents et les possibilités offertes aux femmes.

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