Municipales 2026 : 15 mesures pour libérer la mobilité des femmes
La perspective des élections municipales dans quelques semaines offre l’occasion de requestionner l’accès à la mobilité et ce qui la freine encore - particulièrement pour les femmes.
Pour un mandat 2026-2032 qui construise une mobilité égalitaire et inclusive, Femmes en Mouvement propose aux candidates et aux candidats 15 mesures pour libérer la mobilité des femmes.
Nous comptons sur vous pour relayer notre plaidoyer !
La mobilité, un enjeu d’égalité pour toutes et tous
La mobilité est un droit fondamental.
Pourtant, aujourd’hui encore, ce droit reste particulièrement entravé pour les femmes. Elles rencontrent des obstacles spécifiques qui limitent leur accès à l’emploi, aux services et à la vie sociale.
Trajets complexes, horaires inadaptés, insécurité, précarité financière… autant de barrières qui les rendent particulièrement dépendantes de la possession d’une voiture ou à la qualité de l’offre de transport en commun - et qui, dans certains cas, peuvent les exclure d’une vie sociale épanouie et les pousser dans l’isolement.
Ces défis ne sont pas une fatalité et ne devraient pas attendre des “changements de société”. Des mesures très concrètes peuvent être mises en oeuvre rapidement avec des effets visibles avant 2032.
Ce plaidoyer propose aux candidat·es aux municipales 2026 15 mesures pour une mobilité accessible à toutes et tous, parce qu’une collectivité inclusive est un territoire où chacun·e doit pouvoir se déplacer en sécurité et en liberté.
Mobilité des femmes sous contraintes
Des réalités à prendre en compte
Précarité financière
En moyenne, les femmes vivant en couple hétérosexuel gagnent 42% de moins que leurs conjoints. 70% des travailleurs pauvres sont des femmes et 70% des personnes âgées vivant sous le seuil de pauvreté sont des femmes. Une précarité financière qui ne permet pas toujours de posséder sa propre voiture et renforce la dépendance à la qualité de l’offre de transports en commun. En zone blanche de mobilité, où aucun service de transport partagé n’est accessible, c’est une assignation à résidence, un isolement complet.
Insécurité
56% des femmes déclarent ne pas se sentir en sécurité dans les transports en commun et 81% après 22 heures. Alors même qu’elles sont plus utilisatrices que les hommes en journée, elles disparaissent après 21h : pas par choix mais par peur !
Trajets en étoile
49% des femmes de 25-49 ans s’occupent quotidiennement d’un ou plusieurs enfants ou d’un proche dépendant, contre 33 % des hommes. Dans 80 % des familles monoparentales, la charge repose sur la mère. Cette réalité se traduit par une mobilité spécifique : des trajets en étoile, fragmentés et saccadés. Le schéma classique domicile-travail ne reflète donc pas leurs déplacements réels. L'intermodalité et l'accessibilité des équipements manquent cruellement.
Isolement
Près de 80% des travailleurs à temps partiels sont des femmes et bien souvent sur des “horaires décalés”. Les heures de pointes ne couvrent pas tous les besoins ! L’offre de transport en commun fait défaut en dehors des heures de pointes, limitant d’autant plus l’accès à l’emploi et aux loisirs, renforçant l’isolement.