Femmes en Mouvement en action à Mobco !
Lors de cette première édition de Mobco, Femmes en Mouvement a multiplié les actions.
Nous avons eu le plaisir d'organiser notre rituel petit-déjeuner networking le mercredi 10 juin, au cœur même de l'événement. De 9h à 10h30, 108 professionnel·les du secteur des mobilités se sont retrouvées pour un temps privilégié d'échanges et de rencontres. Dans une ambiance conviviale, les participant·es ont pu partager leurs expériences, échanger autour de leurs projets, faire émerger de nouvelles opportunités de collaboration et tout simplement renforcer leur réseau.
La matinée s'est poursuivie par une table ronde sur la Grande Scène, profitant de la nouvelle scénographie de l’évènement. Avec un titre volontairement provocateur “Et si les hommes s’engageaient pour la mobilité des femmes ?”, ce temps fort a fait salle comble !
Toutes et tous sont venus écouter attentivement :
Notre administratrice Lindsey Barr, Senior Director, Events and Academy Services, UITP,
Mélodie Cros-Ferréol, Consultante, Formatrice, Conférencière spécialité dans les questions de Mobilité & Égalité de genre,
Notre administrateur Christophe Jemelin, Directeur Développement de l'Offre et Grands Projets, Transports publics de la région lausannoise, et
Mohamed Mezghani, Secrétaire Général, UITP.
Lindsey Barr a ouvert les échanges en présentant les résultats d'une enquête conjointe Femmes en Mouvement & UITP, menée auprès de près de 200 hommes travaillant dans le secteur, essentiellement en France et en Belgique. Cette étude visait à mieux comprendre la manière dont les hommes perçoivent les discussions autour du genre et de l'égalité professionnelle. Les résultats ont mis en évidence un paradoxe particulièrement saisissant : si une très large majorité des répondants considère que l'égalité de genre est bénéfique pour les organisations, beaucoup hésitent encore à participer à des événements consacrés à cette thématique.
Les réponses recueillies ont révélé plusieurs freins récurrents : la peur de dire quelque chose d'inapproprié, le sentiment de ne pas être légitime pour participer à ces discussions, ou encore l'impression que ces sujets s'adressent principalement aux femmes. L'enquête a également montré des différences générationnelles significatives. Les plus jeunes se déclarent généralement plus ouverts et plus convaincus des bénéfices de l'égalité, mais sont aussi davantage susceptibles de se sentir jugés ou ont peur d’être blâmés. À l'inverse, la tranche des +55 ans se sent souvent moins concernée par les panels traitant du genre, les percevant parfois comme des espaces destinés avant tout aux femmes.
Mélodie Cros-Ferréol a ensuite apporté un éclairage plus large sur la persistance des inégalités entre les femmes et les hommes dans différents domaines de la société. À travers plusieurs indicateurs marquants, elle a rappelé que les progrès réalisés ces dernières années ne doivent pas masquer les écarts qui subsistent encore aujourd'hui. Les chiffres présentés ont notamment illustré la sous-représentation des femmes dans les sphères politiques, économiques, culturelles et scientifiques, qui est le résultat direct d’un sexisme culturel qui imprègne toutes nos pensées, comportements, regards, réflexions et jugements.
Son intervention a également permis de revenir sur la définition du sexisme et sur les mécanismes qui contribuent à la perpétuation des inégalités. En s'appuyant sur le concept du "triangle des violences", elle a montré comment les comportements sexistes ordinaires, parfois banalisés ou minimisés, constituent souvent la première étape d'un continuum pouvant conduire à des formes plus graves de violences et de discriminations. Ce rappel a souligné l'importance de lutter contre ces comportements du quotidien afin de favoriser des environnements professionnels plus inclusifs et plus respectueux.
Alliés de longue date de Femmes en Mouvement et (ex)membres de notre Conseil d’Administration, Christophe Jemelin et Mohamed Mezghani ont enrichi les échanges en partageant leurs réflexions sur les leviers permettant d'accélérer la transformation du secteur. Les discussions ont mis en évidence l'importance de l'engagement collectif, du rôle des alliés et de la nécessité d'impliquer davantage les hommes dans les démarches en faveur de l'égalité. L'objectif n'est pas seulement de sensibiliser, mais également de créer les conditions permettant à chacun de prendre part aux conversations et aux actions qui contribuent à faire évoluer les pratiques. Ils ont raconté leur arrivée au sein de “Femmes en Mouvement” et à comment ils se sont sentis inclus et utiles et non comme “en trop” ou juste comme des “hommes curieux”.
À travers des données concrètes, et les témoignages des intervenants, cette matinée a rappelé que l'égalité professionnelle n'est pas seulement une question de représentation. Elle constitue également un levier de performance, d'innovation et d'attractivité pour l'ensemble du secteur de la mobilité.
Au-delà des constats, ce temps fort a surtout permis d'ouvrir le dialogue autour de questions essentielles : comment favoriser une participation plus large aux sujets liés au genre ? Comment faire évoluer les représentations ? Comment construire des organisations plus inclusives où chacun peut pleinement trouver sa place ?
Le lendemain, alors que notre présidente, Patricia Bastard, remettait le trophée de la meilleure conductrice aux Bus d’Or, elle a lancé un défi : s’il y a 20% de conductrices en France, pourquoi n’avoir que 6 candidates sur les 53 que comptent la compétition ? Faites de telle sorte que vous soyez 21 l’an prochain ! Femmes en Mouvement félicite chaleureusement Lucille L. du réseau Transdev Cotentin, lauréate du prix de la meilleure conductrice.
Femmes en Mouvement remercie chaleureusement Mobco pour son accueil, l'ensemble des intervenants pour la qualité de leurs prises de parole, ainsi que toutes les participantes et tous les participants qui ont contribué à faire de cette matinée un moment de réflexion, de partage et d'engagement collectif. Rendez-vous l’année prochaine !